Chez les moins de 25 ans, ce phénomène interroge désormais un enjeu plus large : le droit au temps libre et sa place réelle dans le monde du travail.
L’épuisement n’est plus une exception, mais un phénomène qui s’installe durablement.
Selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), l’épuisement professionnel est directement lié à une exposition prolongée au stress au travail et à une charge mentale excessive.
Une génération qui découvre le travail sous tension
Les premières expériences professionnelles sont souvent marquées par un déséquilibre : charge de travail importante, horaires flous, pression implicite de disponibilité.
Beaucoup de jeunes acceptent ces conditions sans toujours savoir ce qui relève du cadre légal. Temps de repos, durée maximale de travail, droit à la déconnexion : ces notions restent encore trop peu connues.
Ce manque d’information a une conséquence directe : le temps libre devient négociable, alors qu’il devrait être un droit fondamental.
Le burn-out n’est plus un cas isolé
Les chiffres récents confirment que le burn-out n’est pas qu’un simple ressenti individuel, mais une dégradation objectivable de la santé mentale touchant de manière disproportionnée les plus jeunes. Stress, fatigue chronique, troubles du sommeil et anxiété sont devenus des problèmes fréquents.
Ce phénomène ne concerne plus uniquement certains métiers, mais traverse désormais tous les secteurs.
Selon une enquête menée auprès de plus de 1500 travailleurs français, 36% des salariés déclarent se sentir stressés au travail dont 11% de manière permanente et 31% déclarent avoir déjà vécu un burn-out complet. Ce taux grimpe à 41% chez les 25-44 ans tandis que 17% des 25-34 ans déclarent ressentir un stress permanent au travail. 40% des moins de 29 ans déclarent vivre une solitude sociale au travail.
Ce phénomène dépasse d’ailleurs largement le cadre français. Au Japon, le phénomène est devenu si important qu’un terme spécifique existe : le “karōshi”, littéralement la mort par surmenage et possède de nombreux textes de lois dédiés à la charge mentale au travail. Cette reconnaissance montre à quel point l’épuisement professionnel peut devenir un véritable problème de société lorsque les limites entre performance et santé disparaissent.
Derrière les chiffres, une réalité se répète : ce n’est pas le désengagement qui épuise les jeunes, mais souvent leur sur-engagement initial.
Une entrée dans la vie active sous pression
Pour beaucoup de jeunes actifs, les premiers emplois ressemblent moins à un “début de carrière” qu’à une course d’endurance. Loin de l’image que relèvent de nombreux médias, d’une génération désinvolte ou peu motivée, la réalité est celle d’un sur-engagement initial souvent puni par l’épuisement.
Chômage par un marché du travail saturé, précarité des contrats, charge mentale invisible, et un discours social paradoxal qui, tout en exigeant performance et résilience, stigmatise volontiers la « fainéantise » ou le « manque d’ambition » des jeunes.
Cette précarité ne touche pas seulement la situation financière, mais aussi l’équilibre psychologique.
Il faut être flexible, mais démontrer sa loyauté : des contrats courts, missions qui s’enchaînent, périodes d’essai renouvelables… Quand chaque opportunité semble décisive, poser des limites devient compliqué et l’instabilité permanente pousse les jeunes à accepter des conditions qu’un salarié ayant plus d’ancienneté refuserait. La moindre résistance (refus d’heures supplémentaires, pose d’un arrêt maladie) peut être vécue comme une menace pour la poursuite du contrat.
Peu à peu, la peur de “rater sa chance” pousse certains jeunes salariés à dépasser leurs propres limites, au détriment de leur santé mentale et de leur équilibre personnel.
Une crise silencieuse amplifiée par le post-Covid
Depuis le Covid, les modes de travail ont varié : télétravail, hyperconnexion, accélération des tâches. Même si ces changements ont apporté plus de flexibilité, ils ont aussi renforcé l’impression de ne jamais vraiment “déconnecter”. La vie professionnelle et personnelle s’entremêlent et deviennent parfois indistinctes.
Il faut être toujours disponible pour l’entreprise. L’injonction à la “disponibilité” permanente est implicite avec les mails et échanges téléphoniques, mais rares sont les jeunes à évoquer leur droit à la déconnexion par peur de paraître “moins impliqués”.
Les réseaux sociaux jouent également un rôle dans cette pression permanente. Entre les parcours idéalisés, les réussites mises en avant et la comparaison constante, certains jeunes ont le sentiment de devoir toujours faire plus. Les réseaux sociaux transforment parfois la réussite des autres en rappel permanent de ses propres insuffisances.
De nombreuses enquêtes le confirment indirectement : le manque de reconnaissance (39%) et la charge de travail excessive (37%) sont les deux premières causes de stress cités révélant une quête permanente de validation, exacerbée par les comparaisons en ligne.
Repenser le rapport au travail
Parallèlement, les jeunes font face à un discours médiatique et politique régulier qui les dépeint comme une génération “fainéante”, “trop exigeante” ou “n’ayant pas les valeurs du travail”. Cette stigmatisation, en niant la réalité des conditions de travail dégradées ou de la souffrance psychique, aggrave le sentiment de culpabilité.
Le burn-out n’est alors plus seulement l’épuisement, mais également la honte de “ne pas être à la hauteur” des attentes sociales.
Face à cette réalité, la question n’est plus seulement médicale, mais sociale. Comment prévenir l’épuisement plutôt que le constater ?
Informer les jeunes sur leurs droits, encourager la prise de parole et repenser les conditions d’entrée dans le monde du travail deviennent essentiels. Il faut repenser les attentes sociales vis-à-vis du travail.
Le burn-out des jeunes n’est pas une fatalité individuelle, mais un signal collectif : celui d’un système qui doit évoluer.
Au Final…
Le burn-out à 25 ans n’est pas un paradoxe, mais le symptôme d’une transformation profonde du monde du travail. En comprendre les causes, c’est déjà commencer à le prévenir.
Car derrière chaque parcours épuisé, il y a une même question : comment travailler sans s’oublier ?
Sources: https://www.malakoffhumanis.com/groupe/lecomptoir/barometre-sante-salaries/
https://www.unobravo.com/fr/blog/le-rapport-sur-le-burnout
https://culture-rh.com/gen-z-burnout-2026/
https://www.unobravo.com/fr/blog/epuisement-professionnel-burnout


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